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Claquement du coude chez le sportif : causes, quand consulter et rôle de l’ostéopathe

Vous sentez, entendez ou voyez quelque chose « claquer » à l’intérieur du coude quand vous le pliez ou le dépliez, surtout en musculation ou lors de gestes répétés ? Ce phénomène inquiète souvent les sportifs. Voici ce que cela peut être, quand consulter, et ce que l’ostéopathe peut (et ne peut pas) faire.

Claquement du coude : de quoi parle-t-on ?

Un « ressaut » ou « claquement » du coude correspond au déplacement brusque d’une structure sur l’os, avec une sensation de saut, parfois même visible sous la peau. Il se situe le plus souvent à l’intérieur du coude (côté médial) ou à l’extérieur (côté latéral), et les causes ne sont pas les mêmes d’un côté à l’autre [4].

À l’intérieur du coude, deux structures sont le plus souvent en cause :

  • Le muscle triceps : une partie profonde de son tendon peut glisser par-dessus la pointe interne du coude lors de la flexion et de l’extension.
  • Le nerf ulnaire (le nerf du « petit coin du coude », celui des fourmillements dans l’auriculaire) : il peut sortir de sa gouttière et glisser vers l’avant.
Planche anatomique ancienne montrant le muscle triceps à l'arrière du bras, jusqu'au coude
Le triceps, à l’arrière du bras, s’insère au niveau du coude. Illustration : Gray’s Anatomy (1918), domaine public.

Les deux peuvent coexister. Dans une revue de la littérature sur le « syndrome du triceps qui claque », une grande majorité des cas décrits présentaient aussi un nerf ulnaire instable [1, 2].

Quels sportifs sont concernés ?

Ce tableau est rare et probablement sous-diagnostiqué. Dans la revue citée, les patients décrits étaient surtout des hommes, le plus souvent entre 15 et 40 ans. Le claquement est souvent plus net lors des mouvements de force en freinage, par exemple quand on descend lentement pendant une pompe ou un curl [1].

Gros plan d'un avant-bras pendant un curl avec haltère
Le claquement est souvent plus net dans la phase de freinage d’un curl ou d’une pompe. Photo : Unsplash.

Un nerf ulnaire qui bouge n’est pas toujours un problème : chez des sportifs sans aucun symptôme, une instabilité du nerf a été retrouvée à l’échographie dans une proportion non négligeable [5, 6]. Un claquement indolore n’est donc pas forcément grave, mais il mérite d’être exploré s’il persiste ou s’il s’accompagne d’autres signes.

Quand consulter un médecin ?

Prenez un avis médical (médecin traitant ou médecin du sport) si :

  • le claquement est douloureux ou s’aggrave ;
  • vous avez des fourmillements, un engourdissement ou une faiblesse de la main, de l’auriculaire ou de l’annulaire ;
  • le coude est gonflé, chaud, rouge, ou si vous avez de la fièvre ;
  • le coude se bloque ou ne se déplie plus complètement ;
  • le symptôme est apparu après un choc, une chute ou une opération du coude ;
  • la gêne persiste malgré quelques semaines d’adaptation de l’entraînement.

En cas de traumatisme important avec déformation, douleur intense ou perte de sensibilité brutale, consultez en urgence.

Comment se fait le diagnostic ?

L’examen clinique (observation, palpation, mouvements actifs, recherche de signes nerveux) oriente le diagnostic. Il est ensuite confirmé par une échographie dynamique : l’image est réalisée pendant que vous pliez et dépliez le coude, ce qui permet de voir le tendon ou le nerf glisser [1, 3]. Cet examen est prescrit par un médecin.

Que peut faire l’ostéopathe ?

En consultation, l’ostéopathe peut :

  • vous interroger et vous examiner pour repérer les signes qui demandent un avis médical ;
  • vous orienter vers votre médecin pour une échographie dynamique si le tableau s’y prête ;
  • si le tableau est compatible, vous conseiller sur l’adaptation temporaire des gestes qui provoquent le claquement, et travailler sur les tensions musculaires et la mobilité de l’épaule, du coude et du poignet pour soulager les contraintes.

L’ostéopathe ne peut pas poser seul un diagnostic d’instabilité nerveuse, prescrire une imagerie ou un médicament, ni décider d’une opération. Et il n’existe pas de preuve solide qu’une technique manuelle fasse disparaître un véritable ressaut du triceps ou une instabilité du nerf : méfiez-vous de toute promesse en ce sens.

Quel traitement ?

D’après la littérature, la première ligne de traitement est conservatrice : antalgiques si besoin, éviter ou modifier temporairement les mouvements qui provoquent le claquement, rééducation avec un kinésithérapeute (voir notre article ostéopathe ou kiné : qui consulter ?). Si cela échoue ou si le nerf souffre, une chirurgie peut être discutée par un chirurgien de la main ou du membre supérieur. Les résultats rapportés après chirurgie sont bons, mais reposent sur de petites séries et des cas isolés, avec un faible niveau de preuve [1].

En pratique, d’ici votre rendez-vous

  • Évitez de « chercher » volontairement le claquement en répétant le geste.
  • Réduisez provisoirement les exercices qui le déclenchent (extensions de coude chargées, pompes, dips) plutôt que d’arrêter tout mouvement.
  • Notez ce qui le provoque, depuis quand, et si des fourmillements apparaissent : ces informations aident beaucoup le médecin.
  • Ne vous automanipulez pas le coude et n’acceptez pas de manipulation forcée.

Questions fréquentes

Un coude qui claque sans douleur, est-ce grave ?

Pas forcément : un nerf ulnaire mobile est retrouvé chez certains sportifs sans aucun symptôme. En revanche, un claquement qui persiste, devient douloureux ou s’accompagne de fourmillements dans les derniers doigts doit être exploré par un médecin.

Faut-il arrêter la musculation ?

En général non. Il s’agit plutôt d’adapter temporairement les exercices qui déclenchent le claquement (extensions de coude chargées, pompes, dips), en attendant un avis médical et un diagnostic précis.

Peut-on consulter un ostéopathe pour un coude qui claque ?

Oui, pour un premier bilan, un repérage des signes d’alerte, une orientation vers votre médecin si besoin, et un travail sur les tensions et la mobilité du membre supérieur. L’ostéopathie ne remplace pas l’échographie dynamique ni l’avis médical.


Sportif et gêné par un coude qui claque ? Hugo Brouard, ostéopathe D.O., vous reçoit du mardi au samedi au Centre Paramédical ACS à Herblay-sur-Seine pour faire le point et vous orienter si besoin. Prenez rendez-vous en ligne. Infos pratiques sur le cabinet d’ostéopathie à Herblay-sur-Seine.

Sources

  1. Xia WZ, Abukar A, Moosavi H, Nandi N, Rashid A. Snapping triceps syndrome: a review of the literature and proposed operative treatment algorithm. JSES Rev Rep Tech. 2025;6(1):100580. PMID 41142761.
  2. Spinner RJ, Goldner RD. Snapping of the medial head of the triceps and recurrent dislocation of the ulnar nerve. J Bone Joint Surg Am. 1998;80(2):239-47. PMID 9486730.
  3. Cho MJ, Chai JW, Kim DH, Kim HJ, Seo J. Ultrasonographic differential diagnosis of medial elbow pain. Ultrasonography. 2024;43(5):299-313. PMID 39086070.
  4. Bjerre JJ, Johannsen FE, Rathcke M, Krogsgaard MR. Snapping elbow: a guide to diagnosis and treatment. World J Orthop. 2018;9(4):65-71. PMID 29686971.
  5. Looney AM, Day HK, Reddy MP, Paul RW, Nazarian LN, Cohen SB. Prevalence of bilateral ulnar nerve subluxation among professional baseball pitchers. J Shoulder Elbow Surg. 2024;33(3):550-555. PMID 37890764.
  6. Vega TF, Ithurburn MP, Yates AF, Westbrooks B, Carlson S, Colberg RE. Prevalence of ulnar nerve dislocation among Division I collegiate baseball players. Sports Health. 2025;18(4):756-762. PMID 41387714.

Cet article a une visée informative et ne remplace pas un avis médical.

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